|
TABLE 1. Prière à
Notre Dame Reine de Palestine 2. Position du Grand Magistère
sur la situation au Moyen Orient. (17.04.02) 3. Discours de Jean-Paul II aux évêques de Belgique en visite ad limina (23.XI.03) 4. Homélie du Cardinal Danneels: L'Eglise et l'Etat (15. XI. 03) 5. Hommage de Jean-Paul II au défunt roi Baudouin Ier (15.XI. 03) 6. Le Baron Dietrich de Val Duchesse, premier Chancelier de notre Lieutenance en 1931 (10. VII. 04à 7. Un vitrail à Bethleem restauré par un artiste verrier Gantois 8.“Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem” écrit par S.E. Monseigneur Harpigny.
Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem écrit par S.E. Monseigneur Harpigny Le Saint-Siège ne reconnaît officiellement que deux Ordres de chevalerie : l’Ordre Souverain, Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ; l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. L’Ordre de Malte est un Ordre Souverain, reconnu comme tel par un certain nombre d’Etats. Le Grand Maître a rang de Chef d’Etat. L’Ordre a des représentants diplomatiques propres. L’Ordre de Malte est un Ordre Hospitalier, qui œuvre dans le monde entier. L’aspect militaire a évolué au cours des siècles. Il récolte des fonds auprès de ses membres et auprès d’un large public de donateurs. L’Ordre du Saint-Sépulcre n’est pas un Ordre Souverain ; il dépend directement du Souverain Pontife. Il propose à ses membres une forme de vie spirituelle. Enfin, son rayon d’action vise la seule Terre Sainte. Par Terre Sainte, il faut entendre les territoires qui sont sous la juridiction du Patriarche latin de Jérusalem, c’est-à-dire la Palestine, Israël, la Jordanie, l’île de Chypre, mais pas le Liban. L’Ordre du Saint-Sépulcre reçoit une contribution financière de la part de ses membres et accepte les dons et les legs. Les objectifs de l’Ordre du Saint-Sépulcre sont, d’une part, de nourrir la vie spirituelle de ses membres et, d’autre part, de soutenir, par tous les moyens pacifiques, la présence des chrétiens en Terre Sainte. L’Ordre du Saint-Sépulcre a une longue histoire, que l’on peut diviser en trois périodes. Première période : Royaume de Jérusalem (1099-1291) Godefroy quitte son château de Bouillon en août 1096 pour se joindre à d’autres féodaux qui convergent vers Byzance, suite à l’appel à la croisade du pape Urbain II à Clermont en 1095. Après la prise de Jérusalem le 15 juillet 1099, Godefroy est considéré comme le chef de la première croisade. Il refuse le titre de roi de Jérusalem afin de ne pas déplaire au Pape qui estime que la Terre Sainte doit devenir une annexe des Etats de l’Eglise ou Etats Pontificaux (756-1870). Dans le « royaume » de Jérusalem, Godefroy confie le soin des Lieux Saints à un groupe de chanoines et la sécurité des habitants et des pèlerins à des chevaliers. Adoubés devant le Saint-Sépulcre, ils en ont pris le nom. Le corps des chevaliers adopte les cinq croix (croix potencée cantonnée de quatre croisettes rouges sur fond blanc) et opère sous l’obédience du patriarche de Jérusalem. Avec le temps, la garde des Lieux Saints et l’activité hospitalière prennent une grande ampleur. Cela amène la création d’un ordre distinct, appelé hospitalier de Saint-Jean, sous la règle de saint Augustin. Le 2 octobre 1187, Salâh ad-Dîn, sultan ayyubide d’Egypte (1171-1193) et de Syrie (1174-1193), s’empare de Jérusalem et occupe une grande partie des territoires des Francs, qui se replient sur Saint-Jean-d’Acre. Ces événements provoquent la troisième croisade (1189-1192) menée par l’empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion. Une trêve est signée avec Salâh ad-Dîn. D’autres croisades sont entreprises. C’est au cours de la neuvième croisade que les croisés sont défaits à Saint-Jean-d’Acre (12 mai 1291). Les chrétiens sont contraints de quitter la Terre Sainte. Deuxième période : Custodie de Terre Sainte (XIVème-XIXème siècle) En 1333, le sultan d’Egypte autorise l’établissement à Jérusalem de la Custodie franciscaine du Mont Sion, dont le supérieur, le Gardien ou Custode, est le seul représentant du Souverain Pontifie en Terre Sainte. C’est au Custode que revient la faculté, dont jouissait le Patriarche, d’adouber les chevaliers dans l’église du Saint-Sépulcre. En Europe, il existe au XVème siècle beaucoup d’ordres militaires – dont les ordres nés au cours de la Reconquista en Espagne – dont quelques-uns, coupés de leur origine en Palestine, tombent en décadence. Les papes cherchent à unifier ou à supprimer les ordres qui n’ont plus de raison d’être. Parmi eux, on trouve l’Ordre du Saint-Sépulcre. Le Custode, cependant, continue d’adouber des chevaliers du Saint-Sépulcre, ce qui permet à l’Ordre de subsister. Au XVIème siècle, l’empire ottoman, qui a écrasé l’empire de Byzance en 1453, devient tellement puissant en Méditerranée et en Europe orientale que beaucoup parlent du « péril turc ». Probablement à l’initiative du pape Paul IV (1555-1559), une vingtaine de chevaliers brabançons, flamands et italiens se réunissent, le 26 mars 1558, en l’église d’Hoogstraten, entre Anvers et Breda, afin d’y tenir un chapitre général de l’Ordre du Saint-Sépulcre. Plusieurs disposent d’une procuration, dont celle d’Andrea Doria, Grand Amiral de Gênes. Leur objectif est de réunir une flotte afin de « libérer » la Méditerranée de la domination musulmane. Le seul homme capable de diriger une flotte internationale est, à l’époque, le roi d’Espagne Philippe II (1556-1598), qui vit à Bruxelles. Au cours du chapitre de Hoogstraten, Philippe II est élu Grand Maître temporel de l’Ordre et son fils, don Carlos, comme Prince de l’Ordre avec droit de succession. La flotte, qui quitte Syracuse en Sicile le 1er décembre 1559, est mise en déroute à Djerba (île de la Tunisie actuelle). Une autre flotte est mise sur pied par la Sainte Ligue (Espagne, Venise, Etats de l’Eglise). Dirigée par don Juan d’Autriche (1545-1578), fils naturel de Charles-Quint, reconnu par Philippe II comme son demi-frère, cette flotte remporte la victoire de Lépante sur la flotte ottomane en 1571. En raison de l’opposition du pape au caractère héréditaire accordé au Grand Maître et de la jalousie d’autres Ordres, Philippe II abandonne ses fonctions dans l’Ordre du Saint-Sépulcre. Une autre tentative pour obtenir la « grande maîtrise » par le Duc de Nevers, en 1615, n’aboutit pas non plus. Par conséquent, l’Ordre reste sous l’autorité du Souverain Pontife. Les chevaliers qui vivent en Europe continuent à reconnaître comme Grand Maître le Custode de Terre Sainte, représentant le pape. Troisième période : du XIXème siècle à nos jours En 1847, le pape Pie IX réalise un accord avec la Sublime Porte, le sultan de l’empire ottoman qui a autorité sur le Proche-Orient. Le patriarcat latin de Jérusalem est rétabli. Mgr Valerga, nommé Patriarche, se fait adouber par le Custode de Terre Sainte le 15 janvier 1848. Immédiatement après, le Custode lui remet les pouvoirs de Grand Maître de l’Ordre du Saint-Sépulcre. Le nouveau Grand Maître structure l’Ordre de manière moderne. La clause de noblesse exigée pour les membres est remplacée par l’appartenance à une élite. Pie IX assigne à l’Ordre la mission de soutenir les chrétiens de Terre Sainte, en priorité le patriarcat latin de Jérusalem, par la prière, l’engagement personnel et le soutien matériel. De nouveaux statuts sont approuvés en 1868. Progressivement des femmes font leur entrée dans l’Ordre. Si Pie IX autorise la première femme à devenir membre en 1871, le pape Léon XIII accepte de manière définitive l’admission des femmes en 1888. En 1907, le pape Pie X se réserve la Grande Maîtrise de l’Ordre pour lui et ses successeurs, tout en laissant au patriarche latin de Jérusalem une large part des attributions de celle-ci, mais sous le contrôle du Souverain Pontife. En 1949, le pape Pie XII décide de confier la Grande Maîtrise à un cardinal romain. Le siège de l’Ordre est transféré de Jérusalem à Rome, tandis que le patriarche latin de Jérusalem en devient, de droit, le Grand Prieur. Les cardinaux, qui ont exercé la mission de Grand-Maître, sont Canali, Tisserant, de Fürstenberg, Caprio et Furno. Depuis le 28 juin 2007, l’Ordre est dirigé par l’archevêque américain John Patrick Foley, nommé cardinal au consistoire du 24 novembre 2007. Aujourd’hui L’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem bénéficie de la personnalité juridique du Saint-Siège, ce qui implique la reconnaissance des « insignes » par les Etats qui ont des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Le Grand-Maître est un cardinal de la Curie Romaine. Il est assisté par un Grand Prieur, qui est de droit le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal. Il est secondé par un Lieutenant Général, le Comte Wolff-Metternich zur Gracht ; un Gouverneur Général, chargé de la gestion journalière ; deux vice-gouverneurs, dont le Baron Hubert Simonart, Belge ; un chancelier ; un cérémoniaire ; une dizaine de membres issus de divers pays. Tous ensemble, ils forment le Grand Magistère de l’Ordre. L’Ordre compte environ 25.000 membres. Il est divisé en 52 Lieutenances et une Délégation magistrale (Norvège). Les ressources, qui viennent du monde entier, assurent, dans sa totalité, le financement du patriarcat latin de Jérusalem (15 millions de dollars), dont le budget principal est consacré à l’enseignement. En Belgique, la Lieutenance date de 1926. Ses statuts sont du 12 septembre 1929. Le jour même, le Cardinal Van Roey, Archevêque de Malines, a octroyé à la Lieutenance l’église Notre-Dame au Sablon, à Bruxelles. Le Conseil du Lieutenant comprend le Grand Prieur (Mgr Paul Lanneau, évêque auxiliaire émérite de Malines-Bruxelles), le Chancelier (Mr Charles Thibaut de Maisières), le Secrétaire (Mr François-Xavier Gilliot), le Trésorier (le Comte Aymar de Brouchoven de Bergeyck), le Cérémoniaire ecclésiastique (Mgr Laurent Grimmonprez), le Cérémoniaire laïque (Mr Bertrand Maus de Rolley), ainsi que MM. Paul Leysen, Patrick Uyttenhove, Christian Pirard et Mme Albert de Schaetzen van Brienen. Le Lieutenant est Mr François t’Kint de Roodenbeke. La Lieutenance compte environ 360 membres, dont 80 dames. Les objectifs de l’Ordre en Belgique sont assurés par une A.S.B.L. (constituée en 1934 ; les statuts ont été adaptés en 2004) : « L’association a pour objet de coopérer au développement matériel, culturel et social des populations défavorisées de Terre Sainte et notamment de Jordanie et de Palestine et ce en collaboration avec les autorités civiles et religieuses locales. A cette fin, elle soutient et accompagne toute initiative qui répond aux besoins et intérêts desdites populations, accroît leurs connaissances techniques et intellectuelles, contribue à la promotion de la femme et favorise une cohabitation harmonieuse ». Ils sont assurés également par la « Fondation belge pour la Terre Sainte », constituée en décembre 1990 ; les statuts ont été adaptés en 2004 : « (La Fondation) a pour but de gérer le montant de la dotation dont elle dispose et les montants qu’elle reçoit, et de les affecter, soit directement soit indirectement au financement d’institutions pédagogiques ou philanthropiques ou encore de tout autre projet de coopération au développement sur le territoire de la Terre Sainte, c’est-à-dire des territoires qui tombent sous la juridiction du Patriarche de Jérusalem ». En 2007, la Lieutenance de Belgique a envoyé une contribution de 200.000 € pour la Terre Sainte. Elle a participé au fonctionnement de quatre écoles en Jordanie, de l’Hôpital Saint-Joseph à Jérusalem, d’une crèche à Bethléem, d’une maison d’enfants à Béthanie, du home Notre-Dame des Douleurs à Abou Dis, du Home of Peace de Jérusalem. Récemment Régis Debray a publié : « Un candide en Terre sainte », Paris, Gallimard, 2008. Au début, j’ai été un peu perplexe. Qu’est-ce qu’un agnostique, qui répète toutes les cinq pages qu’il est incroyant et qu’il ne connaît pas grand-chose de la tradition chrétienne, pourrait apporter pour entrer en « dialogue » ou en « trialogue » avec les « convictions » de la population de Terre Sainte ? J’ai été finalement heureusement surpris. Régis Debray a été informé par les meilleurs services du monde diplomatique et du monde universitaire de la France. Les analyses qu’il fait de chacune des composantes de la région sont, à mon avis, pertinentes. Cet ouvrage vaut la peine d’être lu pour saisir les enjeux des différentes Eglises, des groupes idéologiques et des « pauvres » de la région. Dans les débats sur le monde interreligieux de la Belgique et les instances consacrées au dialogue avec le monde juif, l’islam et tant d’autres convictions en Belgique, il me semble que les objectifs de l’Ordre du Saint-Sépulcre ont leur place. J’espère que, dans le diocèse de Tournai, de nouveaux membres oseront s’intéresser à ces objectifs. Je prie pour que les communautés chrétiennes en Terre Sainte voient fleurir un nouveau printemps. Leur situation est précaire. Elles souffrent énormément. Je prie chaque soir pour elles, pour leurs membres, pour leurs pasteurs. + Guy Harpigny, Evêque de Tournai
O Marie Immaculée, gracieuse Nous vous supplions de jeter
un Souvenez-vous que vous fûtes Obtenez-nous de servir le Seigneur, Ainsi soit-il.
Réuni
en session ordinaire durant les journées des 16 et 17 avril
2002, Profondément touché et attristé par les événements de Terre Sainte, 1. ayant écouté les déclarations du Grand Prieur de lOrdre, Sa Béatitude Révérendissime Monseigneur Michel Sabbah, Patriarche Latin de Jérusalem, qui a exposé dans tous ses aspects la gravissime situation qui se développe désormais depuis de nombreuses semaines en Terre Sainte, 2. partageant les paroles par lesquelles le Grand-Maître, Son Eminence Révérendissime le Cardinal Carlo Furno, sest fait linterprète du sentiment de profonde douleur et de très vives préoccupations de tous les membres de lOrdre, en regard de cette Terre où le Sauveur a vécu, est mort et est ressuscité, 3. conscient des liens qui unissent cette Région à lOrdre du Saint-Sépulcre ainsi que du mandat qui lui a été confié par les Souverains Pontifes, afin den assister et den soutenir la population au-delà de toute distinction de nationalité et de religion, 4. soulignant la grande importance des écoles pour favoriser la réconciliation et la compréhension réciproque parmi les différentes populations de la Terre Sainte à cet égard latmosphère de respect mutuel, telle quelle est vécue dans les écoles soutenues par lOrdre en Terre Sainte, a été dûment notée Le Grand Magistère : 1. Exprime la plus vive solidarité pour ces populations souffrantes que les circonstances de lhistoire ont destiné à vivre ensemble sur cette Terre et qui recherchent par-dessus tout, la paix dans la justice, ainsi quun développement ordonné dans la compréhension réciproque et la coopération ; 2.
Lance un appel à toutes les personnalités politiques,
sociales, religieuses et laïques, ainsi quaux dirigeants
des pays directement ou indirectement impliqués dans la recherche
dune solution au conflit de façon à ce que,
suivant les paroles du Saint-Père, « tous ceux qui
en ont le pouvoir et la responsabilité accomplissent les
pas nécessaires dût-il en leur coûter, pour rapprocher
les parties en lutte en vue daccords justes et dignes pour
tous ». 3.
Invite les Lieutenants à promouvoir des initiatives qui tendent
à favoriser laide humanitaire, le dialogue, la compréhension
et la paix entre toutes les populations de la Terre Sainte, afin
de rendre possible la réalisation dune coexistence
pacifique dans laquelle toute forme de violence et de terreur serait
bannie.
Monsieur le Cardinal, Chers Frères dans l'épiscopat, 1. Je suis heureux de vous accueillir tous, à l'occasion de votre visite ad limina sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul. Je salue spécialement les plus jeunes d'entre vous, qui participent pour la première fois à cette rencontre, et je remercie Monsieur le Cardinal Godfried Danneels, Président de votre Conférence épiscopale, pour les paroles aimables qu'il vient de m'adresser. Je souhaite que cette visite, qui est un temps fort de contacts et d'échanges avec les dicastères du Saint-Siège, pour un meilleur service de l'évangélisation, mais aussi un moment privilégié de célébration de l'affectus collegialis qui nous unit, soit pour chacun d'entre vous une étape significative et un encouragement dans votre difficile mais exaltante mission de pasteurs du Peuple de Dieu. 2. Les informations qui me parviennent concernant la situation de votre Église sont pour moi particulièrement préoccupantes. En effet, on ne peut cacher une réelle et sérieuse inquiétude devant la baisse régulière et importante de la pratique religieuse dans votre pays, qui affecte les célébrations dominicales mais aussi de nombreux sacrements, en particulier le Baptême, la Réconciliation et surtout le mariage. De même, la diminution importante du nombre des prêtres et la crise persistante des vocations sont un sujet de graves préoccupations pour vous. Vous notez toutefois la qualité de la collaboration pastorale que vous vivez avec les prêtres, dans vos conseils presbytéraux, ainsi qu'avec les représentants du peuple de Dieu, dans les conseils pastoraux diocésains. La participation toujours plus active des fidèles laïcs à la mission de l'Église, notamment dans les paroisses, constitue également un motif de satisfaction. Cette participation doit se développer selon l'esprit de coresponsabilité voulu par le Concile Vatican II et selon les indications pastorales contenues dans l'Instruction interdicastérielle sur quelques questions concernant la collaboration des Fidèles laïcs au ministère des prêtres, qui rappelle la différence essentielle entre le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel et le caractère irremplaçable du ministère ordonné. De ce fait, pour éviter les éventuelles confusions, il est nécessaire que soient clairement exprimés les principes doctrinaux en cette matière. Cela aidera les fidèles à saisir plus nettement le sens du ministère sacerdotal, pour le service du peuple de Dieu. Il est clair que des jeunes ne seront pas à même de s'engager dans le ministère s'ils ne perçoivent pas la place qui leur est donnée dans la communauté chrétienne et si les fidèles mettent en cause la valeur de leur engagement. Il vous appartient donc en ce domaine d'éduquer l'ensemble de vos diocésains sur le sens et la valeur du ministère ordonné. 3. Le changement rapide que vous constatez correspond certes à une évolution sensible de la société, marquée par une sécularisation de grande ampleur, qui pourrait faire penser parfois que la société belge se plaît à tourner le dos aux racines chrétiennes qui pourtant la font vivre en profondeur. Ainsi votre pays s'est doté récemment d'une législation nouvelle et inquiétante dans des domaines qui touchent des dimensions fondamentales de la vie humaine et sociale, comme la naissance, le mariage et la famille, la maladie et la mort. Vous n'avez pas manqué d'intervenir sur ces questions. Il est important que les pasteurs fassent toujours entendre leur voix pour réaffirmer la vision chrétienne de l'existence et, dans cette circonstance, pour marquer leur désapprobation, car ces changements au niveau de la loi ne sont pas seulement le signe d'adaptations ou d'évolutions devant des mentalités ou des comportements nouveaux, mais ils affectent profondément la dimension éthique de la vie humaine et ils remettent en cause le rapport à la loi naturelle, la conception des droits humains et, plus profondément encore, la conception de l'homme et de sa nature. 4. C'est donc sur un terrain pastoral nouveau, changeant et difficile, que vous vivez votre mission de pasteurs de l'Église du Christ. Comme je l'ai écrit tout dernièrement aux évêques du monde entier, «si le devoir d'annoncer l'Évangile est le propre de toute l'Église et de chacun de ses fils, il l'est à un titre spécial des Évêques, qui, le jour de leur ordination qui les inscrit dans la succession apostolique, assument comme engagement principal celui de prêcher l'Évangile, 'appelant les hommes à la foi dans la force de l'Esprit ou les confirmant dans la foi vivante'» (Pastores gregis, n. 26). Notre responsabilité d'évêques est donc de faire entendre avec force et clarté l'annonce du salut de Dieu offert à tout homme dans le mystère de l'amour rédempteur du Christ, salut accompli une fois pour toutes sur le bois de la Croix, ainsi que d'inviter les fidèles à mener une vie conforme à la foi qu'ils professent. Dans une société qui perd ses repères traditionnels et qui favorise volontiers un relativisme généralisé au nom du pluralisme, notre premier devoir est de faire connaître le Christ, son Évangile de paix et la lumière nouvelle qu'il apporte sur la destinée de l'homme. 5. Pour permettre aux fidèles de bien se situer dans cette perspective réellement missionnaire, je vous encourage à développer toujours davantage la formation théologique, spirituelle et morale du plus grand nombre : ainsi les fidèles laïcs seront mieux soutenus dans leur propre vie chrétienne et ils seront davantage prêts à rendre compte de l'espérance qui est en eux (cf. 1P 3, 15), grâce à une meilleure connaissance de la Parole de Dieu et du mystère de la foi, servie par un exposé organique et cohérent de son contenu, notamment à partir du Catéchisme de l'Église catholique. Veillez aussi à soutenir les Universités et les Instituts qui offrent des formations de plus haut niveau, davantage spécialisées mais indispensables, pour qu'ils s'efforcent toujours plus de témoigner, de manière cohérente, de la vigueur de la pensée chrétienne, rendant en cela un service important, notamment pour la formation sacerdotale ! 6. Un effort particulier s'impose pour rendre toujours plus solide la formation humaine, morale, théologique et spirituelle des futurs prêtres, qui auront la responsabilité de conduire les communautés chrétiennes de demain et de veiller à la qualité de leur témoignage dans la société où elles vivront, ainsi que de manifester l'unité du presbyterium autour de l'Évêque. L'exigence en cette matière ne saurait se satisfaire d'une formation reçue seulement de l'extérieur; devenir un pasteur selon le cour du Christ demande une véritable conversion de l'être; cela s'acquiert à travers toutes les dimensions de la formation sacerdotale, dans le creuset de la vie commune comme aussi dans l'approfondissement de la vie spirituelle. On souhaite en particulier que les jeunes, et plus largement l'ensemble du peuple chrétien, puissent connaître sans équivoque les exigences objectives de l'appel au ministère presbytéral, notamment en ce qui concerne le célibat pour les ordres sacrés, qui, selon la tradition qui nous vient du Seigneur, sont réservés aux hommes. Ce que j'ai dit à toute l'Église au début du nouveau millénaire, «Duc in altum, avance au large !» (Novo millennio ineunte, n. 1), je le redis particulièrement à vos communautés : avancez au large, puisez en profondeur, en redonnant à la vie chrétienne toute sa densité spirituelle ! 7. L'Église qui est en Belgique a toujours été attentive à l'éducation de la jeunesse, mobilisant à cette fin beaucoup de ses forces vives, notamment les religieux et les religieuses, et les écoles catholiques, très nombreuses dans votre pays, accueillent aujourd'hui un grand nombre d'élèves. 8. Alors même que vous avez souligné dans vos rapports les difficultés de la vie chrétienne dans une société qui semble amnésique, vous avez aussi remarqué les signes du possible renouveau : la vigueur nouvelle des pèlerinages, l'attrait pour le silence des monastères, l'augmentation sensible du nombre des catéchumènes adultes, la participation active de nombreux laïcs à la vie des communautés paroissiales et le goût renouvelé chez beaucoup d'entre eux d'une vie spirituelle authentique. On peut dire alors avec le psalmiste : "Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes» (Ps 125, 5-6). Jean-Paul II (Salle de presse du Saint Siège)
Jésus devant Pilate (Jn 18,35) Les voici donc face à face : le Christ et Pilate, Le Fils de Dieu, Roi du ciel et celui qui tient la place du plus grand empereur qui règne sur la terre. Ou encore : le pouvoir de Dieu face au pouvoir des hommes. Ou, enfin, la religion face à l'état. Depuis toujours, dans la société des hommes, il y a le pouvoir humain et civil et celui de la religion. L'histoire a été souvent un lieu d'affrontement qui va de la totale opposition à l'identification appelée théocratie. Depuis toujours les deux voies que l'homme peut prendre pour accéder à sa pleine stature, coexistent dans l'histoire de tous les peuples. Depuis toujours. Mais depuis ce jour où le Christ s'est trouvé devant Pilate, la réponse a été donnée aussi pour toujours. " Es-tu Roi ? " demande Pilate. Et la réponse du Christ fut claire : " Oui, je le suis, mais mon royaume n'est pas de ce monde ". Dans cette seule phrase, tout est dit en une fois : il n'y a ni identification entre Eglise et Etat, ni totale opposition entre ces deux. Il y a en effet deux royautés et deux pouvoirs : le spirituel et le temporel. Le but commun à tous les deux :c'est la réalisation de bonheur de l'homme et de la société humaine. Le but est commun mais les moyens sont tout autres et à ne pas confondre. Le pouvoir civil a ses propres lois et ses propres moyens. Il exige une grande compétence administrative, une non moins grande capacité de communication et un éternel combat pour la démocratie et son affinement qui ne s'arrête jamais. En plus, un grand ethos moral chez ses responsables pour mettre toujours le bien commun au dessus des intérêts personnels ou de certains groupes. Mais le bon fonctionnement d'une société civile ne peut se passer d'une échelle de valeurs. Car il faut faire des choix continuellement et ces choix se fondent, qu'on le sache ou non, sur une hiérarchie des valeurs. Cette échelle de valeurs est humaine, accessible à la pensée humaine morale et philosophique. Elle n'est pas directement ni obligatoirement religieuse. D'ailleurs, les traits les plus marquants de l'Europe, c'est bien la séparation souple entre le politique et le religieux, garante de la pleine liberté de croyance comme condition indispensable pour l'épanouissement de la personne et l'enrichissement de la vie sociale. Alors serait-il donc vrai que la religion et le christianisme en particulier sont voués à une existence dans l'ombre en marge de la société, une affaire totalement privée ? Non. Le temps ne serait-il pas venu, après une longue période d'éloignement entre religions et pouvoir civil, de déposer une certaine mutuelle méfiance, de s'affranchir des complexes des deux côtés pour revenir au dialogue structuré et régulier entre le monde des religions et des Eglises et le pouvoir civil ? Les Eglises le demandent et même le projet de Convention européenne prévoit lui aussi un 'dialogue structuré et régulier entre Eglises et Etat'. Les religions et le christianisme en particulier, portent en elles une mémoire collective morale multiséculaire. Pendant des siècles la foi chrétienne en particulier a élaboré et offert à l'humanité une définition de l'homme, un affinement, une perfection dont le fleuron est ce personnalisme dont vit toute la pensée humaniste de nos jours. Le christianisme et tant d'autres religions, continuent à dire que l'homme, pour être véritablement homme, doit être plus qu'homme. L'homme dépasse infiniment l'homme. D'ailleurs, des phénomènes aussi divers que la crise dans la transmission entre les générations, les séquelles de la répression anti-religieuse et l'envahissement par une culture médiatique et marchande, ont conduit les responsables les plus attachés à la laïcité à reconnaître que l'ignorance à propos des religions est devenue une menace pour la vie et la cohésion de chaque pays, pour le plein développement de la construction européenne. Depuis deux mille ans, la conscience européenne a été formée et affinée à partir de la double tradition chrétienne et humaniste. Ces deux composantes de l'identité européenne ont survécu aux crises et aux drames dans lesquelles elles ont failli disparaître ensemble quelquefois. Le Christ répond à Pilate : oui, je suis Roi, j'ai tant de choses à offrir à l'humanité pour son bonheur, cette richesse incomparable d'humanité que je porte en moi et en mon message. L'homme aurait-il jamais raison de refuser d'allumer cette lampe de vérité qu'est le Christ et le trésor de sagesse et de forces morales des religions ? Maar er is nog veel meer. Volstaat het wel voor de mens dat hij goed weet wat hij moet doen om het geluk te bereiken, dat hij de wegenkaart kent daarheen om ook te komen waar hij wil zijn? Zelfs als we heel klaar zien, missen we nog de kracht om effectief te vorderen op die weg. Een landkaart geeft nog geen energie en de lampen van een voertuig doen het nog niet starten. Kan de mens wel de energie die nodig is om het geluk te bereiken putten uit zichzelf? Misschien wel en sommige beweren het. Het is tot op heden niet bewezen. Maar het is respectabel het zo te wagen - zoals zovele niet-gelovigen trouwens doen. Het christelijke geloof zegt dat we die kracht van verder moeten halen. De mens is tot zulke grote dingen bestemd dat hij niet in staat is ze zelf te realiseren. Daarom precies is Christus gekomen en heeft Hij gezegd: "Zonder Mij kunt ge het niet, kunt ge zelfs niets". Dat de mens ter bestemming geraakt en aankomt waarvoor hij is geschapen gaat zijn eigen krachten en inspanningen te boven: hij kan zichzelf niet verlossen. De energie die daarvoor nodig is noemen we met het klassieke woord: genade. En die is ons gratis geschonken. We kunnen ze enkel vragen in geloof. Daarom zijn we ook hier in deze kathedraal vandaag samen gekomen, om die kracht uit den hoge voor ons allen te vragen. We zijn hier niet om een wegenkaart uit te tekenen, ook niet om mekaar op te jutten om het goede te doen of de batterij van onze edelmoedigheid op te laden, nog minder om collectief aan geestelijke autosuggestie te doen. We zijn hier gekomen om te bidden en aan God te vragen dat hij ons - en allen die ons besturen - de genade geeft om uit te kunnen voeren, datgene wat we als het goede dat te doen is, hebben ingezien. Daarom ook heeft de maatschappij de christenen - en de religies - nodig. Ze hebben een onschatbare bijdrage te leveren om de samenleving te helpen de weg te vinden naar het geluk, om een kostbaar waardenpakket door te geven, om de lamp van de morele kennis aan te steken en brandend te houden. Maar om nog veel meer en belangrijkers. De samenleving heeft de christenen nodig om de energiebron van de genade te ontsluiten en er het maatschappelijk landschap mee te bevloeien. En dat moet van verder komen, want het goede inzien is nog niet het goede doen. Daarom willen we nu bidden: om de kracht uit den hoge, die ons in staat moet stellen te doen. En dat is veel meer dan administratieve vaardigheid, bestuurlijke kwaliteit, vlotte communicatie, goede wetten en efficiënt bestuur. Want als de goede wetten er zijn, wie zal ze volgen en in praktijk brengen en hoe? En waar zal de maatschappij de kracht vinden om ze te volgen en ze duurzaam te onderhouden? Daarom willen we vandaag bidden: om te kunnen 'doen'. + Godfried Kardinaal Danneels
Le pape Jean-Paul II invite des Belges à suivre l'exemple du défunt roi Baudouin 1er pour «l' édification d'une société plus juste et fraternelle». (ZENIT.org)
La commune de Woluwe St Lambert prépare une notice biographique sur le Baron Dietrich de Val Duchesse, et nous a demandé la place que ce dernier avait occupé au sein de notre Ordre. "Pour correctement décrire la place occupée par le Baron Charles Dietrich de Val Duchesse dans notre Ordre du St Sépulcre, il est nécessaire de situer la question dans son contexte historique.
Chaque année, à Noël, les téléspectateurs aux quatre coins du monde peuvent suivre la messe de minuit en direct de l'église Ste-Catherine à Bethléem. Mais peu d'entre eux, y compris les Belges, remarquent que le vitrail central de l'église - celui qui surplombe l'autel dans l'abside et représente la Nativité - porte les armoiries du Royaume de Belgique et le portrait en médaillon de feu le Cardinal Mercier. Ce vitrail est en effet un don de la Belgique, remontant à 1926. Créée il y a septante-huit ans par les artistes-verriers de Gand, Paul et Marcel Ganton, cette ouvre néo-gothique de 9 m2 a souffert au fil des ans d'un manque d'entretien, et ces dernières années des hostilités israélo-palestiniennes. En avril 2002, des combattants palestiniens se réfugièrent dans la Basilique de la Nativité et l'église Ste-Catherine. Les échanges de tirs atteignirent alors le vitrail belge. Au début de cette année, à l'initiative du Dr Jacques Keutgen, le médecin belge qui dirige l'Hôpital de la Ste-Famille à Bethléem, le consul-général de Belgique à Jérusalem, Guido Courtois, promet à la Custodie de Terre Sainte d'aider à restaurer le vitrail belge. Il s'attelle à la recherche d'un artiste-verrier et tombe sur le site internet de l'atelier Mestdagh à Gand, à qui il confie la tâche. En avril, Luc Mestdagh vient démonter les vitraux et les envoie à son atelier à Gand. Fin juin, il est revenu à Bethléem avec les pièces restaurées, et s'est attelé à leur réinstauration dans l'église. (LLB, 30 juin 2004, Renée-Anne Gutter, à Jérusalem ) La restauration est décrite en photos sur le site internet :
|