I. Godefroid de Bouillon

          Après la tentative malheureuse de la première croisade pour libérer les lieux saints, une nouvelle expédition militaire beaucoup mieux préparée s'organisa aux quatre coins de l'Europe. (Voir Histoire)
     Raymond de Toulouse, Bohémond de Tarente, Robert de Flandre et Godefroid de Bouillon mirent chacun une armée sur pied, et se donnèrent rendez-vous sur les rives du Bosphore pour y joindre leurs forces.

     Godefroid de Bouillon, afin de financer sa participation à cette nouvelle croisade vendit "à réméré" le château de Bouillon à OTBERT Prince Evêque de Liège, pour la somme, considérable à l'époque, de 1300 marcs d'argent fin, ainsi que 3 marcs et une livre d'or.
      A la tête des Croisés de l'Europe septentrionale, il quitta sa forteresse de Bouillon le 15 août 1096, en route pour Constantinople.


La forteresse de Godefroid de Bouillon en Belgique

     Lorsque ces quatre chefs de guerre se retrouvèrent sur les rives du Bosphore, ils furent confrontés au problème classique du commandement unifié de cette armée disparate. Il ne faut pas s'étonner que les alliés aient confié cette fonction à Godefroid de Bouillon, ce prince de chez nous, qui, outre ses qualités personnelles, parlait le thiois ainsi que le bas latin. En effet, nos régions, carrefour de l'Europe à l'embouchure des grands fleuves, ont été de tout temps, le point de rencontre des cultures latine, germanique, anglo-saxonne et celte, aussi bien pour la guerre que pour la paix.
      C'est ainsi que Godefroid de Bouillon fut chargé par ses pairs de négocier avec Alexis 1er Comnène, Empereur de Byzance, le passage des troupes alliées, et qu'il commanda l'assaut final contre Jérusalem.

     Les Croisés conquirent la Ville Sainte le 15 juillet 1099, au cri de "Deus lo vult", que l'Ordre a conservé comme devise, et ils offrirent à Godefroid de Bouillon la Royauté de la Ville Sainte. Mais, comme le rapportent les Assises de Jérusalem,celui-ci refusa d'y "ceindre la couronne d'or, là où le Christ avait été couronné d'épines" et préféra le titre "d'Avoué du Saint Sépulcre"

     Godefroid de Bouillon est pour notre Ordre, un modèle de courage, d'efficacité et d'humilité.

     Pour vénérer le souvenir de Godefroid de Bouillon, sont apposés au mur de la sacristie de la Basilique du Saint Sépulcre, une vitrine contenant une épée et des éperons, ainsi qu'une dalle provenant du château de Bouillon.

             
 La Custodie Franciscaine conserve l'épée de Godefroid de Bouillon
dans la sacristie de la Basilique du Saint Sépulcre.
A côté de celle-ci est apposée au mur une dalle provenant du Château de Bouillon

II. L'Ordre du Saint-Sépulcre dans les Pays-Bas

     Les chroniques qui ont été conservées ont permis de recenser le nombre des Chevaliers adoubés devant le tombeau du Christ entre 1336 et 1498. Au XIVe il y eut 20 Chevaliers dont 5 étaient originaires des Pays-Bas. Au XVe il y en eut 515 en grande majorité allemands.
     Chez nous, en Belgique, on cite Anselme Adornes qui se rendit en Terre Sainte en 1470, et dont le mausolée se trouve à Bruges, dans l'église de Jérusalem fondée par son père. (Jean Pierre de Gennes, Op. cit.)
      On signale encore que un quart des Chevaliers adoubés entre 1500 et 1560 étaient originaires de nos régions, tandis qu'ils n'étaient plus que 3% entre 1597 et 1739, - sans doute en raison des désordres causés par la Réforme. On n'en comptait plus que 2% entre 1815 et 1848. (Guy Stair Sainty, Op. cit.)

     La Custodie de Terre Sainte possède dans ses archives un document précieux qui recense les nom, qualité et origine des Chevaliers adoubés entre 1561 et 1847. Au départ de ce document, qui comporte malheureusement des erreurs et des lacunes, notre Lieutenant, feu le Baron de Meester de Ravestein, a tenté de dresser une liste des Chevaliers Belges du Saint-Sépulcre depuis les origines jusqu'en 1939.
      Si la question intéresse nos visiteurs nous publierons ultérieurement cette liste.


 III. Le Chapitre Général de Hoogstraten (1558)

      Au début du XVIe siècle, la progression de l'Islam dans le bassin méditerranéen était inquiétante, car les Ottomans avaient la maîtrise de la mer. Les occidentaux, après avoir subi une défaite cuisante devant l'île de Djerba en 1560, mirent sur pied une flotte internationale, conduite par Don Juan d'Autriche, qui écrasa la flotte du Croissant à Lepante en 1571.
     Ce fait d'armes eut un immense retentissement car c'était la première fois qu'un échec cuisant était infligé aux Ottomans. Cette victoire ne parvint cependant pas à modifier sensiblement la situation poilitque ou militaire    

     C'est dans ce climat de tension entre Chrétiens et Arabes que les ordres militaires revinrent à l'honneur au XVIe siècle, et qu'une trentaine de chevaliers du Sain-Sépulcre de notre pays, en majorité flamands, se réunirent à Hoogstraten, le 26 mars 1558. Leur objectif était de fonder un Ordre, afin que leur qualité personnelle de Chevaliers du Saint Sépulcre soit consacrée par une appartenance à un Corps constitué, et ils proposèrent au Roi Philippe II d'en assumer les fonctions de Grand Maître.
    Nous reproduisons ci-dessous, à titre d'illustration, le début du document officiel consignant les conclusions de ce Chapitre de Hoogstraten, dont la minute est enregistrée dans les Archives de Simancas en Espagne.

     Deux semaines plus tard, le 10 avril, le Roi acceptait cette fonction et annonçait que son héritier, Don Carlos, serait Prince de l'Ordre. Il dépêcha un Ambassadeur à Rome pour solliciter l'approbation du Souverain Pontife, mais cette démarche échoua en raison des intrigues politiques menées auprès des autorités vaticanes.
      Après le décès du Pape, le Roi Philippe II renouvela sa demande en 1563 auprès de Pie IV, son successeur, sans davantage de succès.

     Il est intéressant de signaler que l'Eglise Sainte Catherine de Hoogstraten, où se tint le Chapitre général de 1558, a été construite en 1525 par Antoine de Lalaing, premier Comte de Hoogstraten, et Ysabeau de Culembourg, dont la mère était une petite-fille de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne.
     Dans le choeur de la collégiale, demeuré intact, notre Lieutenance se réunit toujours, en occupant les mêmes stalles que nos devanciers, devant les mêmes vitraux, et la messe est célébrée avec les ornements sacerdotaux de l'époque, brodés aux armes des Lalaing - Culembourg.

IV. La Lieutenance de Belgique aujourd'hui

     La Lieutenance de Belgique fut créée en 1926. Elle portait à l'époque le titre de Province de Belgique
    Le 11 avril 1930, S. E. le Cardinal Van Roey, Archevêque de Malines, Primat de Belgique, Chevalier Grand'Croix de l'O.E.S.S.J., a désigné l'antique Eglise de Notre Dame des Victoires au Sablon à Bruxelles, comme Chapelle Capitulaire de notre Lieutenance.
     Pour plus de détails au sujet de notre Eglise, cliquez ici


Notre Dame des Victoires au Sablon

     En 1934 notre Lieutenance créa une Association sans but lucratif de droit belge, officiellement dénommée: "Association Belge des membres de l'Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem."
     Afin de gérer et de coordonner son action en Terre Sainte, l'Association institua en 1991, une "Fondation Belge pour la Terre Sainte"

     Nos Souverains sont traditionnellement membres de l'Ordre. Le 19 octobre 1995, le Lieutenant Général Massimo Lancelotti, et le Gouverneur Général Carducci Artemisio ont présenté au Roi Albert II et à la Reine Paola, les Colliers de l'Ordre du Saint-Sépulcre. Ils ont également décerné la Grand' Croix de l'Ordre au Prince Philippe, Duc de Brabant.

     La responsabilité de la Lieutenance de Belgique, qui compte aujourd'hui 360 membres, est présentement confiée par le Cardinal Grand Maître à S. E. Mr. François t'Kint de Roodenbeke
    Le Lieutenant est chargé, dans le territoire de sa juridiction, de la réalisation des grands objectifs de l'Ordre. Il en rend compte au Cardinal Grand Maître, et il est assisté dans sa tâche par un Conseil actuellement composé de la manière suivante:

Lieutenant:  M. François t' Kint de Roodenbeke
Grand prieur:  S. E. Mgr Paul Lanneau
Chancelier:  M. Charles Thibaut de Maisières
Secrétaire:  M. François-Xavier Gilliot
Trésorier:  Comte Aymar de Brouchoven de Bergeyck
Cérémoniaire ecclésiastique:  Mgr Laurent Grimmonprez
Cérémoniaire laïc:  M. Bertrand Maus de Rolley
Conseillers:
M. Paul Leysen
M. Patrick Uyttenhove
M. Christian Pirard
Mme Albert de Schaetzen van Brienen

(mise à jour le 30 mars 2006)

Secrétariat de la Lieutenance de Belgique
1 Parvis de la Basilique, B - 1083 Bruxelles BELGIQUE
Téléphone 02/375.80.43. Fax: 02 4287999